samedi, janvier 01, 2011

Black Swan


Rarement un film m'aurai autant bouleversé. Dès la première minute, la ton est donné, la tension est palpable, le cadran est crinqué. Et ça ne lâchera pas tout au long du film. Une tension insoutenable et qui ne lâchera pas jusqu'à l'arrivée du générique qui vient comme une délivrance autant pour le personnage que pour le spectateur.

Peu de film nous offre une relation aussi tendue et tordue avec le corps que Black Swan. Peu, à part peut-être Jeane-d'Arc de Carl T. Dreyer, le magnifique A single Man de Tom Ford, In my skin de...

On assite à une grande performance d'actrice comme on en voit peu. Il est rare en effet d'assister à une telle prestation, une telle justesse de jeu avec une constance dramatique aussi élevée du début jusqu'à la fin. C,est tellement insoutenable comme tension, comme édifice dramatique que l'on se dit que le plan d'après, tout ne peu que s'effondrer. Mais rien ne s'effondre. L'élastique se tend, l'on se tord sur son siège. On regarde ailleurs tellement que ce que nous offre la vision du rapport qu'entretient le personnage tenu par Natalie Portman avec sa chair est agressif, complètement tordu et difficile à soutenir. Autant qu'elle, nous attendons la délivrance de ce mal.

Chaque plan nous amène au bord de l'abîme. Nous nous surprenons de ne pas tomber, d'être capable de soutenir ce que nous offre Aranofsky. Pendant la scène de masturbation, l'on pense qu'une partie de la tension sera enfin relâchée. Et bien non !

Natalie Portman y tient le plus grand rôle de sa carrière. Il m'est difficile de croire qu'elle pourra jouer un aussi grand rôle. Si toutes les jeunes ballerines rêvent de jouer un jour le Swan, toutes actrice rêve de pouvoir jouer un aussi grand rôle que celui joué avec brio et génie par Natalie Portman. On parle d'un grand rôle ici, mais aussi d'une des plus grandes prestations d'actrice de l'histoire du cinéma ! Ça mérite un oscar ! Rien de moins.

Pour reprendre des termes un peu plus québécois, ça garoche tellement en émotions que j'avais l'impression d'être assis face à un énorme ventilateur qui me soufflait dans la face et dont je devait soutenir le vent sans broncher ni fermer les yeux !


Oui, je me suis répété tout au long de ma critique avec des mots: insoutenable etc... Mais c'est ça Black Swan.

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