dimanche, avril 17, 2011

Les mots bleus



À vrai dire, je me suis remis à l'écriture à fond. Sauf que cette fois-ci, ça se rapproche davantage d'Mc BrutaLLL que d'autres choses. J'essaye de parler de sexe, de relations amoureuses comme le personnage cagoulé l'a fait auparavant, mais en relevant la sauce d'un cran. C'est moins brutal justement que poétique. La poésie sexuelle m'inspire plus que le sexe en lui-même. Ce ne sont pas les mots brutaux qui m'inspirent et je n'ai pas l'intention d'en saupoudrer mes vers pour le plaisir de choquer. Également, ce n'est pas une tentative de fournir de la viande à un personnage pour justifier de me promener nu sur un stage pendant deux heures. Je ne sais pas ce que c'est. C'est peut-être une façon de me rapprocher mes mentors Bashung et Gainsbourg qui pouvaient approcher ce thème et l'éléver au niveau de chef-d'oeuvre/d'art. Je n'ai pas le talent de mes ainés ni cette prétention. Mais je cherche, je tâtonne. Et ça marche. À vrai dire, je suis en train de remplir mon cahier de belles esquisses. C'est encourageant. Les textes du dernier Gatineau ont été composés pour les musiques. Il me fallait sans cesse calculer les pieds de mes vers. Je ne vais pas répéter cet éprouvant exercice qui fini par tuer l'inspiration et la spontanéité. Cette fois-ci, je poserai mes textes que sur du silence dans un premier temps. Le rythme sera dans ma tête et nul part ailleurs. Tant que soufflera la tempête, je saurai à quoi j'aspire. On verra pour la suite. (......) Mais plus tard. Chose certaine, en ce moment je compose pour moi, pour mon plaisir. C'est très confidentiel et ça n'a pas nécessairement la structure des raps auxquels je vous ai habitué. Je me situe ailleurs comme si un nouvel homme était en train d'émerger et que je me révélais sous une nouvelle incarnation tout en restant dans la continuité. Chose certaine, j'ai le goût de vieillir et d'évoluer avec mon art comme, pour les nommer encore une fois, Gainsbourg et Bashung. Pour ce faire, il me faut rompre comme eux savaient le faire et réapparaître là où l'on ne m'attend pas. Il me faut surtout être en accord avec moi-même et créer des oeuvres dont je contrôle chaques paramètres. Pouvoir enfin (...) Je me sens rendu là. Donc, je compose pour moi pour l'instant... Mais quel plaisir d'écrire à nouveau sans aucune pression, que pour le plaisir d'écrire. Je me sens à l'aube de quelque chose et en même temps, je renoue avec la plume. Je construis mes textes avec le même plaisir que je pouvais avoir il y a plusieurs années. J'aime être dans cet état d'esprit, celui de l'entonnoir. On commence par écrire n'importe, en périphérie et puis peu à peu l'on se rapproche du centre et l'on atteint le noyau de l'oeuvre et l'on fini par rejeter le superflu. La force centrifuge. Je commence à peine à m'y aspirer, à y entrer. Mais tout ceci est grisant. Je suis même en train d'aborder des sujets et de me mettre dans des états d'esprits plus sombre -(mais contrôlés dans le sens que je ne déprime pas)- que je n'osais pas aborder, que j'occultais il y a quelques semaines encore. Ruptures, anciennes amours, solitude, révélations sur comment je vois les relations etc... You must destroy to build disent les Einstruerzende Neubauten. Serais-je en train de travailler en opposition avec la joie de vivre affichée de ma dernière oeuvre ? Peut-être. Sans rien renier, je pense qu'il est salutaire d'allé voir ailleurs poétiquement et de ne pas se répéter. Il faut tremper sa plume dans d'autres encriers si l'on veut continuer à écrire. Donc, ma forme n'est pas le rap en ce moment. C'est juste de la poésie pas calculée, des vers jetés à la va-vite sur le papier avec une calligraphie déchiffrable que par son auteur. Les mots s'empilent sur les pages, une phrase débute sur une pour se terminer 3 pages plus loin dans la confusion la plus totale. Il n'y a pas de calcul de syllabes afin de respecter une musique devant servir de toile à celle-ci. Le seule rythme respecté est le miens ou plutôt celui sur lequel m'arrivent les mots. Je ne force plus rien. Combiens de fois ai-je ajouter des "Tout-Mais-Que-Fait que" juste parce qu'il me manquait une syllabe pour rentrer le texte sur une barre de 10-12 ou 14 syllabes ? Rien de ça ici. Ça allège le texte, évite les fioritures et surtout, les fautes de français. Je me souviens de la liberté incroyable dont j'ai bénéficié lorsque j'ai composé Pointe All dressed, Elephant et autres trucs qui n'ont pas vus le jour. Je me sens à nouveau devant rien et ce vide est porteur d'espoir. J'ai retrouvé ma voix après 3 ans de galère et de silence.


1 commentaire:

Anonyme a dit...

Contente de voir que t'es remis à l'écriture... :)
faudrait que je me botte le cul moi aussi
A.D